Logement urbain : Maroua ouvre le débat sur les nouveaux mécanismes de financement

Maroua a accueilli, le 2 octobre 2026, un important dialogue consacré à l’avenir du financement du logement au Cameroun. Placée sous le haut patronage du Premier ministre, Chef du Gouvernement, cette rencontre de haut niveau a été présidée par la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès. L’événement s’inscrivait dans le cadre de la Semaine Nationale de l’Habitat et visait à repenser les stratégies de financement du secteur afin de répondre à une demande croissante en logements décents sur l’ensemble du territoire national.

Réunissant autorités administratives, responsables d’institutions financières, partenaires internationaux, collectivités territoriales décentralisées, promoteurs immobiliers ainsi que des experts du monde universitaire, la rencontre a permis d’examiner les défis qui freinent encore l’accès au logement pour une grande partie de la population camerounaise. Les participants ont notamment insisté sur la nécessité de faire évoluer les approches traditionnelles de financement pour mieux accompagner les ambitions du pays en matière d’urbanisation et de développement.

Au centre des discussions figurait la question du déficit de logements, estimé à plus de 2,5 millions d’unités. Cette situation, aggravée par la croissance démographique et l’expansion rapide des villes, exerce une forte pression sur les infrastructures urbaines et limite l’accès à un habitat adéquat pour de nombreuses familles. Face à ce constat, les différents intervenants ont plaidé pour la mise en place de solutions innovantes capables de mobiliser davantage de ressources publiques et privées.

Les travaux ont également mis en lumière plusieurs pistes d’action destinées à renforcer la dynamique du secteur. Parmi celles-ci figurent l’industrialisation des procédés de construction afin de réduire les coûts de production, la diversification des sources de financement, l’amélioration de la sécurisation foncière pour rassurer les investisseurs, l’intégration des outils numériques dans la gestion du logement ainsi que le développement de partenariats plus solides entre l’État et le secteur privé.

Pour les acteurs présents, le logement ne doit plus être considéré uniquement comme une réponse à un besoin social, mais également comme un puissant levier de croissance économique. Le secteur est en effet susceptible de générer des emplois, de stimuler l’activité industrielle, d’encourager l’investissement et de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Les échanges de Maroua devraient déboucher sur une déclaration d’engagement regroupant les principaux acteurs du développement urbain. Cette feuille de route vise à soutenir la mise en œuvre du projet gouvernemental de construction de 200 000 logements tout en s’alignant sur les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et de l’Objectif de Développement Durable numéro 11 relatif aux villes inclusives, sûres et durables.

À travers cette concertation, les pouvoirs publics entendent renforcer la mobilisation autour des enjeux du logement et favoriser l’émergence de solutions adaptées aux réalités du pays. Maroua aura ainsi servi de cadre à une réflexion stratégique visant à faire du secteur de l’habitat un véritable pilier du développement économique et urbain du Cameroun.

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