Le spectre d’une paralysie du transport routier de marchandises au Cameroun s’est éloigné après une importante séance de concertation organisée entre les pouvoirs publics et les représentants des organisations socioprofessionnelles du secteur. Réunis à Yaoundé sous la conduite du ministre des Transports, Jean-Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, les différents acteurs ont privilégié la voie du dialogue afin de trouver des solutions aux revendications qui alimentaient un préavis de grève annoncé pour le 24 août 2026.
Cette rencontre, tenue sur instruction du Premier ministre, Chef du Gouvernement, a rassemblé plusieurs membres du gouvernement ainsi que des représentants d’administrations publiques, des forces de sécurité, des organismes portuaires et des syndicats de transporteurs. L’objectif était de prévenir une crise susceptible d’affecter l’approvisionnement des marchés, les échanges commerciaux et la circulation des marchandises sur les principaux corridors économiques du pays.
Un secteur confronté à de nombreuses préoccupations
À l’origine de la menace de grève figurait une série de revendications formulées par les professionnels du transport routier. Ceux-ci dénonçaient notamment certaines dispositions réglementaires relatives au transport des marchandises pour compte propre, les conséquences de la transformation du Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC), ainsi que la multiplication des contrôles routiers et les difficultés liées au pesage des véhicules.
Les transporteurs faisaient également état de préoccupations concernant l’état de certaines infrastructures routières, les procédures administratives appliquées dans les ports et les dépôts pétroliers, ainsi que les tracasseries auxquelles seraient confrontés les conducteurs sur certains axes stratégiques du territoire national.
Face à ces inquiétudes, les échanges ont permis d’examiner chaque point de manière approfondie afin de dégager des mesures consensuelles capables de restaurer la confiance entre les autorités et les acteurs du secteur.
Des mesures immédiates pour apaiser les tensions
Parmi les principales décisions prises figure la suspension de la délivrance de la licence S6 liée à l’application du décret de 2022 encadrant le transport routier de marchandises pour compte propre. Le gouvernement a opté pour une relecture du texte à travers un comité interministériel qui sera mis en place sous la coordination des services du Premier ministre.
La question de la réforme du CNCC a également été abordée. Les préoccupations exprimées par les transporteurs seront transmises au Chef du Gouvernement, avec la perspective d’un examen approfondi dans un cadre interministériel afin d’évaluer les ajustements nécessaires.
Concernant les contrôles routiers, les autorités ont décidé de recentrer les opérations sur les points conventionnels déjà définis sur les corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui. Cette mesure vise à limiter les contrôles jugés excessifs et à fluidifier le transport des marchandises en transit.
Autre annonce importante : les équipes chargées de la prévention routière ne sont plus autorisées à percevoir des amendes forfaitaires. Cette disposition répond à une revendication récurrente des professionnels qui dénonçaient certaines pratiques sur le terrain.
Amélioration des conditions d’exploitation
La rencontre a également permis d’aborder les relations entre les transporteurs et les structures intervenant dans la chaîne logistique nationale. Un mécanisme permanent de concertation sera ainsi instauré entre la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP), le Port Autonome de Douala (PAD), le Port Autonome de Kribi (PAK) et les organisations syndicales représentant les chauffeurs.
Dans le même esprit, des mesures ont été arrêtées pour encadrer davantage les opérations de chargement et de déchargement des camions-citernes dans les dépôts pétroliers. Les autorités commerciales ont demandé une application rigoureuse de la réglementation en vigueur afin de réduire les dysfonctionnements signalés par les opérateurs.
La problématique du pesage des véhicules a également fait l’objet d’arbitrages. Les pouvoirs publics ont décidé de mettre un terme à la pesée des camions-citernes dans les stations de contrôle concernées. Ils ont également rappelé la nécessité d’appliquer les mesures déjà prises concernant la suspension des pesées par essieux mobiles sur l’axe Edéa-Kribi.
Par ailleurs, les contrôles de gabarit devront désormais être réalisés exclusivement dans les stations de pesage officiellement reconnues, où sont représentées les différentes administrations compétentes.
L’état des routes au cœur des préoccupations
Les participants ont également évoqué la dégradation de plusieurs axes routiers, considérée comme un facteur majeur de ralentissement des activités de transport et d’augmentation des coûts d’exploitation. Une liste des points les plus critiques devra être transmise aux autorités compétentes afin d’accélérer les interventions et les travaux de réhabilitation.
Les difficultés rencontrées par les transporteurs dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont également retenu l’attention. Les administrations territoriales et les forces de maintien de l’ordre ont été invitées à prendre les dispositions nécessaires pour réduire les obstacles signalés sur ces itinéraires.
Une grève évitée grâce à la concertation
À l’issue de plusieurs heures de discussions, les représentants des organisations socioprofessionnelles du transport routier se sont déclarés satisfaits des engagements pris par les pouvoirs publics. Considérant les avancées obtenues et les mécanismes de suivi annoncés, ils ont officiellement renoncé au mouvement de grève prévu le 24 août 2026.
Cette décision permet d’éviter une perturbation majeure des activités économiques et confirme la volonté des différentes parties de privilégier le dialogue comme instrument de résolution des différends. Pour le gouvernement, cette issue traduit la nécessité de maintenir un climat social apaisé dans un secteur stratégique qui assure une part essentielle de la circulation des biens et de l’approvisionnement du pays ainsi que des États voisins dépendants des corridors camerounais.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.















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