Préparation du budget 2027 : le Cameroun veut renforcer l’impact et la performance de ses investissements publics

Le gouvernement camerounais a officiellement lancé, le 28 juillet 2026 à Yaoundé, les travaux préparatoires à l’élaboration du budget de l’État pour l’exercice 2027. Organisé conjointement par le ministère des Finances (MINFI) et le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), ce séminaire de deux jours place au cœur des réflexions la question de l’efficacité des investissements publics et de leur contribution au développement économique et social du pays.

La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, en présence de plusieurs membres du gouvernement, des parlementaires, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des responsables des administrations impliquées dans la chaîne de préparation, d’exécution et de contrôle du budget de l’État.

Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la poursuite des réformes des finances publiques, mais également par des contraintes économiques qui exigent une gestion plus rigoureuse des ressources disponibles. Face à la nécessité de concilier les besoins croissants en infrastructures et services publics avec les impératifs de soutenabilité budgétaire, le gouvernement entend faire du budget 2027 un instrument davantage orienté vers les résultats et l’amélioration des conditions de vie des populations.

Un contexte budgétaire sous pression

Dans son allocution d’ouverture, le ministre des Finances a présenté les principaux indicateurs de l’exécution budgétaire au premier trimestre 2026. Selon les données communiquées, les recettes budgétaires de l’État s’élevaient à 1 331,4 milliards de FCFA à fin mars, tandis que les dépenses atteignaient 1 547,1 milliards de FCFA.

Cette situation traduit les importantes charges supportées par les finances publiques, notamment le service de la dette, les restes à payer accumulés au fil des exercices budgétaires ainsi que les subventions accordées aux produits pétroliers. Ces dernières visent à limiter les effets de la hausse des prix sur le pouvoir d’achat des ménages et sur l’activité économique.

Dans ce contexte, les autorités publiques sont appelées à optimiser davantage l’utilisation des ressources budgétaires afin d’améliorer la qualité de la dépense publique et de maximiser l’impact des investissements réalisés.

Faire fonctionner les infrastructures déjà construites

Le séminaire de préparation du budget 2027 est placé sous le thème : « Le budget de l’État face au défi du renforcement de l’état de service des investissements publics ».

À travers cette thématique, le gouvernement met l’accent sur un enjeu devenu central dans la conduite de l’action publique : assurer non seulement la réalisation des projets d’investissement, mais également leur pleine fonctionnalité une fois les travaux achevés.

Ces dernières années, d’importants efforts financiers ont été consentis dans des secteurs tels que les infrastructures routières, l’énergie, l’eau potable, l’éducation ou encore la santé. Toutefois, certaines réalisations peinent parfois à produire tous les effets attendus en raison de retards dans leur mise en exploitation, d’insuffisances en matière de maintenance ou de difficultés liées à leur gestion opérationnelle.

L’ambition affichée par les pouvoirs publics est donc de renforcer la cohérence entre les phases de conception, de financement, de réalisation et d’exploitation des projets afin que les investissements financés par l’État génèrent un impact réel et durable sur les populations.

Cinq axes stratégiques au centre des discussions

Durant les deux jours de travaux, les experts du MINFI, du MINEPAT et des autres administrations publiques examinent plusieurs problématiques majeures devant alimenter la préparation du projet de loi de finances pour l’exercice 2027.

Les échanges portent notamment sur l’amélioration de la programmation budgétaire, le renforcement de la performance des dépenses publiques, le suivi-évaluation des projets d’investissement, l’optimisation des ressources de l’État ainsi que l’application des réformes engagées dans le cadre de la modernisation de la gestion des finances publiques.

L’objectif est de parvenir à une meilleure articulation entre les priorités de développement définies par le gouvernement et les ressources effectivement mobilisables, tout en garantissant une plus grande efficacité dans l’exécution des programmes publics.

Un budget attendu comme levier de transformation économique

À l’heure où le Cameroun poursuit la mise en œuvre de sa Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), le budget de l’État demeure l’un des principaux instruments de mise en œuvre des politiques publiques.

C’est dans cette perspective que Louis Paul Motaze a invité les administrations publiques à élaborer des propositions budgétaires réalistes, cohérentes et conformes aux orientations fixées par le Président de la République, Paul Biya. Il a notamment insisté sur la nécessité de privilégier les projets à fort impact économique et social, de préserver les équilibres budgétaires et de renforcer l’efficacité de la dépense publique.

Les conclusions de ce séminaire serviront de base aux arbitrages qui conduiront à la finalisation du projet de loi de finances 2027. Le gouvernement espère ainsi disposer d’un budget capable de soutenir la croissance, d’accélérer la transformation structurelle de l’économie nationale et de répondre plus efficacement aux attentes des populations en matière de développement.

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