À la tribune du Forum africain de l’eau tenu ce 15 juillet 2026 à N’Djaména, le Cameroun a réaffirmé son ambition de faire de la gestion durable des ressources en eau un levier de développement économique et social. Porteur du message du Chef de l’État, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a présenté la stratégie nationale élaborée pour répondre aux défis persistants liés à l’accès à l’eau potable, à la production agricole et à la sécurité énergétique.
Réunissant responsables gouvernementaux, institutions financières internationales et partenaires au développement dans le cadre de l’initiative « Water Forward » de la Banque mondiale, la rencontre a offert au Cameroun l’occasion de mettre en lumière les paradoxes auxquels il fait face. Malgré un potentiel hydrique important, une partie de la population demeure confrontée à des difficultés d’approvisionnement en eau, notamment dans les zones rurales et certaines régions éloignées des grands centres urbains.
Devant ses homologues africains, Gaston Eloundou Essomba a souligné que ces insuffisances dépassent la seule question de l’accès à l’eau potable. Elles influencent directement les performances de secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’élevage, l’industrie et la production énergétique. Dans plusieurs bassins agricoles, l’absence d’ouvrages de stockage et de maîtrise de l’eau limite les rendements, tandis que dans les régions sahéliennes, les périodes de sécheresse fragilisent durablement les activités pastorales.

Le ministre a également attiré l’attention sur les conséquences de cette situation pour le secteur de l’énergie. Avec une production électrique largement dépendante de l’hydroélectricité, les variations du niveau des cours d’eau et des retenues affectent la capacité des infrastructures à répondre à une demande en constante progression.
Pour inverser cette tendance, le gouvernement mise sur le « Compact Eau », un programme national destiné à renforcer la sécurité hydrique du pays. Cette feuille de route, déjà validée par les autorités, prévoit des investissements dans les infrastructures, l’amélioration de l’accès à l’eau potable, le soutien aux activités productives et la modernisation de la gouvernance du secteur.

L’un des axes majeurs de cette stratégie concerne précisément la réforme de la gestion des services d’eau. Les autorités entendent améliorer les performances opérationnelles du secteur afin d’offrir des prestations plus efficaces aux populations et de garantir une meilleure valorisation des ressources disponibles.
Le coût global du programme est évalué à près de 4 milliards de dollars américains. Selon les autorités camerounaises, une partie importante des financements a déjà été sécurisée, tandis que des négociations se poursuivent avec plusieurs bailleurs de fonds pour mobiliser les ressources complémentaires nécessaires à la mise en œuvre intégrale du projet.
Le membre du gouvernement a par ailleurs salué l’accompagnement de partenaires tels que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Leur soutien se traduit notamment par la mise en œuvre du Projet de Sécurité de l’Eau au Cameroun (SEWASH), qui prévoit la construction de nombreuses infrastructures d’alimentation en eau dans les régions les plus exposées à la rareté de la ressource.
À travers son intervention à N’Djaména, le Cameroun a ainsi lancé un appel à une solidarité accrue des partenaires techniques et financiers. L’objectif affiché est clair : transformer l’eau en un facteur de croissance, renforcer la résilience des populations face aux effets du changement climatique et garantir, à terme, un accès durable à l’eau potable pour tous les citoyens.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.















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