Le gouvernement camerounais vient de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie d’amélioration de l’accès à l’eau et de l’assainissement. Réuni à Yaoundé sous la conduite du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, le premier Comité de Pilotage du Projet de Sécurité de l’Eau au Cameroun (SEWASH) a officiellement enclenché la phase opérationnelle d’un ambitieux programme financé par la Banque mondiale. À la clé : des infrastructures hydrauliques, des équipements d’assainissement et un renforcement de la gouvernance du secteur au profit de millions de citoyens.

Une nouvelle impulsion pour le secteur de l’eau
La question de l’accès à l’eau potable demeure l’un des défis majeurs du développement au Cameroun, particulièrement dans les zones rurales et les régions les plus exposées aux effets du changement climatique. Face à cette réalité, les pouvoirs publics entendent accélérer la mise en œuvre de solutions durables à travers le Projet de Sécurité de l’Eau au Cameroun, plus connu sous l’acronyme SEWASH.
La première session du Comité de Pilotage de ce programme s’est tenue le 29 juin 2026 à Yaoundé. Présidée par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, la rencontre a rassemblé les principaux acteurs institutionnels du secteur, parmi lesquels la CAMWATER, les administrations concernées, les partenaires techniques ainsi que les représentants de la Banque mondiale.
Cette réunion marque le véritable démarrage des activités de terrain d’un projet qui ambitionne d’apporter des réponses structurelles aux défis liés à l’approvisionnement en eau potable, à l’assainissement et à la gestion durable des ressources hydriques.
Un financement conséquent pour des objectifs ambitieux
Financé à hauteur de 184,9 millions d’euros dans le cadre d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA), le projet couvre une première phase allant de 2025 à 2030.
Au-delà de la construction d’infrastructures, le programme vise à moderniser la gestion du secteur de l’eau, renforcer les capacités institutionnelles et promouvoir une approche intégrée de la gestion des ressources hydriques.
Pour les autorités camerounaises, il s’agit non seulement d’augmenter l’offre en eau potable, mais également de garantir une exploitation durable des ressources disponibles, dans un contexte marqué par la croissance démographique et les pressions environnementales.
Lors de son intervention, le ministre Gaston Eloundou Essomba a insisté sur l’importance d’une gouvernance rigoureuse afin d’assurer l’efficacité des investissements prévus. Il a notamment appelé les différents intervenants à privilégier la transparence, la coordination et la recherche permanente de résultats mesurables.
Des infrastructures pour améliorer le quotidien des populations
L’un des volets majeurs du projet concerne le renforcement de l’accès à l’eau potable dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, où les besoins demeurent particulièrement importants.
À ce titre, 103 mini-systèmes d’alimentation en eau potable seront construits au cours de cette première phase. Fonctionnant grâce à l’énergie solaire, ces installations comprendront des forages, des équipements de pompage, des réservoirs de stockage, des réseaux de distribution ainsi que des points de puisage destinés aux populations et aux infrastructures communautaires.
L’objectif est de rapprocher durablement l’eau potable des ménages, tout en réduisant les longues distances souvent parcourues par les populations, notamment les femmes et les enfants, pour s’approvisionner en eau.
Le projet ambitionne également de renforcer les conditions sanitaires à travers la construction de 2 900 latrines écologiques dans plusieurs espaces publics et communautaires. Les établissements scolaires, les centres de santé, les marchés ainsi que les lieux de culte figurent parmi les principales structures bénéficiaires.
Ces investissements devraient contribuer à limiter les risques de contamination liés à l’insuffisance des infrastructures d’assainissement et à améliorer de manière significative les conditions d’hygiène dans les communautés concernées.
Mieux planifier pour mieux gérer les ressources en eau
Au-delà des réalisations physiques, SEWASH entend doter le Cameroun d’outils stratégiques indispensables à une gestion moderne et efficace du secteur.
Plusieurs études de référence sont ainsi prévues dans le cadre du projet. Elles porteront notamment sur l’approvisionnement en eau potable en milieu rural, la planification des infrastructures d’assainissement liquide, la gestion des boues de vidange dans les régions septentrionales ainsi que l’évaluation de projets de barrages destinés à renforcer les capacités de stockage et de mobilisation des ressources hydriques.
Ces travaux devraient permettre aux pouvoirs publics de disposer de données actualisées pour orienter les futurs investissements et anticiper les besoins des populations sur le long terme.
Une réponse aux défis du changement climatique
Dans un contexte où les phénomènes climatiques extrêmes affectent de plus en plus les ressources en eau, le Projet SEWASH se présente également comme un instrument de résilience.
Les infrastructures prévues devront contribuer à sécuriser l’accès à l’eau dans les zones les plus vulnérables, tout en améliorant la capacité des collectivités à faire face aux périodes de sécheresse ou aux perturbations climatiques.
Par ailleurs, la réduction des maladies liées à l’eau insalubre figure parmi les retombées attendues du programme. En améliorant simultanément l’accès à l’eau potable et les conditions d’assainissement, les autorités espèrent enregistrer des progrès significatifs en matière de santé publique.
Le défi de la mise en œuvre
Au terme des travaux, les membres du Comité de Pilotage ont validé les principaux instruments de planification du projet, notamment le Plan de Travail et Budget Annuel ainsi que le Plan de Passation des Marchés, après avoir formulé plusieurs recommandations destinées à optimiser leur exécution.
Pour le gouvernement, l’enjeu consiste désormais à transformer les engagements financiers en réalisations concrètes sur le terrain. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie a ainsi exhorté les différentes équipes à maintenir une dynamique de travail fondée sur la responsabilité, le respect des délais et l’efficacité dans l’exécution des activités.
Avec près de 185 millions d’euros mobilisés et des investissements appelés à toucher plusieurs millions de personnes, le Projet SEWASH apparaît aujourd’hui comme l’un des programmes les plus structurants engagés ces dernières années dans le secteur de l’eau au Cameroun. Son succès pourrait constituer un tournant décisif dans la marche du pays vers un accès plus équitable à l’eau potable et à l’assainissement pour tous.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.
















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