Septentrion : les grands chantiers routiers gagnent du terrain malgré quelques défis

Le réseau routier du Septentrion camerounais poursuit sa mue. Du Mayo-Kani au Logone-et-Chari, en passant par le Diamaré, le Mayo-Sava et la région de l’Adamaoua, plusieurs projets structurants affichent des avancées notables au 20 juin 2026. Entre réhabilitation d’axes stratégiques, reconstruction de routes dégradées et amélioration des ouvrages de franchissement, les travaux engagés par l’État visent à renforcer la mobilité des populations et à soutenir les échanges économiques dans cette vaste partie du pays.

Sur la Nationale 12, la réhabilitation de la section Guidiguis-Yagoua progresse de manière significative. Les travaux d’élargissement et de modernisation de cet axe long de 68,7 kilomètres enregistrent une forte activité, notamment dans le domaine des ouvrages hydrauliques. Près de soixante dalots ont déjà été achevés tandis que plusieurs autres approchent de leur phase finale. Les terrassements avancent progressivement sur une grande partie du linéaire et les préparatifs pour la mise en œuvre des couches de chaussée s’intensifient avec la disponibilité du bitume et la poursuite de la production des matériaux de construction.

Plus à l’ouest, sur la section Magada-Guidiguis, également située sur la Nationale 12, les équipes déployées sur le chantier multiplient les interventions. Plus de 400 travailleurs, dont une majorité issue des localités riveraines, participent à l’exécution des travaux. Les opérations concernent aussi bien les remblais, les élargissements de plateforme que la mise en place des couches de fondation. L’avancement global du projet avoisine désormais 14 %, tandis que plusieurs dizaines d’ouvrages hydrauliques sont déjà achevés ou en cours de réalisation.

La Nationale 1 n’est pas en reste. Entre Moutourwa et Maroua, les travaux de réhabilitation de la route progressent malgré un taux d’exécution encore modeste. Sur ce corridor de 36 kilomètres reliant le Mayo-Kani au Diamaré, les entreprises concentrent leurs efforts sur les terrassements, la reconstruction des ouvrages hydrauliques et les essais techniques destinés à garantir la qualité des futures couches de chaussée. Les premiers résultats sont visibles sur plusieurs sections où les opérations d’élargissement et de préparation de la plateforme routière se poursuivent.

Dans le Logone-et-Chari, le projet d’aménagement de la route Guirvidig-Pouss traverse une période plus délicate. Malgré les réalisations déjà enregistrées, le chantier connaît un ralentissement dû à des contraintes financières rencontrées par l’entreprise chargée des travaux. Les autorités, en collaboration avec la Banque africaine de développement, explorent actuellement des solutions destinées à rétablir les capacités opérationnelles de l’entreprise et à accélérer l’achèvement de cet axe essentiel pour la mobilité dans la zone du bassin du lac Tchad.

Sur le corridor Ngaoundéré-Garoua, les travaux de reconstruction des sections Pont de Keroua-Pont de Salah et Pont Salah-Entrée du village Ouro André poursuivent leur phase préparatoire. Les études techniques avancent à un rythme soutenu tandis que les premières interventions de terrain concernent le maintien de la circulation, la mise en place des bases de chantier et le traitement des zones les plus dégradées.

La reconstruction de la section Ngaoundéré-Bas de la Falaise de Mbé connaît également une évolution encourageante. L’entreprise chargée des travaux s’emploie à aménager les sites destinés à l’exploitation des matériaux tout en poursuivant les études techniques nécessaires au lancement effectif des travaux de grande envergure. Les opérations de sécurisation de la circulation et de traitement des points critiques sont déjà engagées sur plusieurs kilomètres.

Dans l’Extrême-Nord, la reconstruction de la section Waza-Zizagué entre progressivement dans sa phase active. L’entreprise en charge du projet a déjà mobilisé l’ensemble de son personnel clé ainsi qu’un important parc d’engins. Les travaux de maintien de la circulation ont démarré sur les portions les plus sensibles de l’itinéraire, pendant que les installations de chantier et les bases-vie prennent forme.

À travers ces différents projets, le gouvernement poursuit sa stratégie de modernisation du réseau routier dans le Septentrion. Ces infrastructures sont appelées à jouer un rôle déterminant dans le désenclavement des bassins de production agricole, le développement des échanges commerciaux avec les pays voisins et l’amélioration des conditions de déplacement des populations. Si certains chantiers avancent plus rapidement que d’autres, l’ensemble de ces investissements traduit une volonté de renforcer durablement la connectivité entre les régions du Nord du Cameroun et le reste du pays.

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