Eau potable : L’accès au cœur de la décentralisation, 121 communes bénéficient d’un appui financier

L’amélioration de l’accès à l’eau potable figure parmi les priorités majeures des pouvoirs publics camerounais dans le cadre de la décentralisation. À travers le transfert de ressources financières aux collectivités territoriales décentralisées, le Gouvernement entend renforcer la capacité des communes à répondre efficacement aux besoins des populations en matière d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

Cette orientation a été réaffirmée le 7 août 2026 à Batchenga, à l’occasion de la 15ᵉ édition de la Journée Africaine de la Décentralisation et du Développement Local (JADDL). Présent à cette rencontre, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a mis en avant les efforts engagés pour rapprocher les services publics essentiels des citoyens, notamment à travers le financement des projets hydrauliques portés par les communes.

Selon les chiffres communiqués lors de la cérémonie, une enveloppe globale de 8,5 milliards de francs CFA a été allouée cette année à 121 collectivités territoriales afin de soutenir la réalisation et la gestion des infrastructures d’alimentation en eau potable. Ce transfert de ressources s’inscrit dans la volonté des autorités de donner aux communes les moyens d’exercer pleinement les compétences qui leur sont progressivement confiées dans le cadre du processus de décentralisation.

La cérémonie a réuni plusieurs membres du Gouvernement, des responsables administratifs ainsi que des élus locaux autour du thème de l’autonomisation des collectivités territoriales dans la gestion durable de l’eau et de l’assainissement. Les échanges ont notamment porté sur les mécanismes susceptibles de renforcer l’efficacité des communes dans la mise en œuvre des projets destinés à améliorer les conditions de vie des populations.

Le choix de Batchenga pour accueillir cette célébration revêt une importance particulière. La localité abrite en effet l’un des plus grands projets hydrauliques du pays : le Projet d’Alimentation en Eau Potable de la ville de Yaoundé et de ses environs à partir du fleuve Sanaga. Cette infrastructure stratégique joue un rôle déterminant dans l’approvisionnement de la capitale et de sa périphérie.

Grâce à ses installations modernes, le projet dispose d’une capacité de production quotidienne de plusieurs centaines de milliers de mètres cubes d’eau potable. Son exploitation contribue à réduire les déficits d’approvisionnement observés dans certains quartiers de Yaoundé et accompagne la croissance démographique de l’agglomération.

Au-delà des investissements structurants réalisés dans les grands centres urbains, les autorités accordent également une attention particulière aux zones rurales, où les besoins restent importants. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, les écarts d’accès à l’eau potable entre les villes et les campagnes demeurent un défi pour les politiques publiques.

Les données présentées lors de la rencontre montrent que la couverture nationale en eau potable connaît une progression constante. Toutefois, les pouvoirs publics ambitionnent d’aller plus loin afin d’atteindre les objectifs fixés dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030. Cette vision prévoit une amélioration significative de l’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement au cours des prochaines années.

Pour y parvenir, le Gouvernement mise sur plusieurs instruments de réforme. Parmi eux figure le Compact National de l’Eau, adopté en 2026, qui définit les principales orientations devant guider le développement du secteur. Ce cadre stratégique prévoit notamment l’accélération des investissements, le renforcement de la gouvernance, l’amélioration des services aux usagers et la préservation durable des ressources hydriques.

Parallèlement, des programmes spécifiques sont mis en œuvre dans les régions les plus exposées aux difficultés d’accès à l’eau. C’est le cas du projet SEWASH, qui vise à renforcer les infrastructures hydrauliques et sanitaires dans les régions septentrionales du Cameroun. Ce programme prévoit la réalisation de nouveaux systèmes d’alimentation en eau ainsi que la construction d’ouvrages d’assainissement destinés aux établissements publics et aux communautés locales.

Pour les responsables du secteur, le succès de ces initiatives dépendra largement de la capacité des collectivités territoriales à assurer une gestion efficace des infrastructures qui leur sont confiées. La décentralisation ne se limite pas au transfert de compétences ; elle implique également la mise à disposition de ressources financières adaptées, le renforcement des capacités techniques des acteurs locaux et l’instauration de mécanismes de maintenance capables de garantir la durabilité des ouvrages.

À travers les financements mobilisés et les réformes engagées, les autorités camerounaises affichent leur ambition d’accélérer l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement. Un objectif qui apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel du développement local, de l’amélioration de la santé publique et de la réduction des inégalités entre les territoires.

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