Depuis son départ du stage de la sélection nationale, Nchout Njoya Ajara était restée muette. Ce samedi 27 juin 2026, la Lionne Indomptable est enfin sortie du silence pour mettre un terme aux différentes allégations qui circulent à son sujet. Alors que certains évoquaient un désir ardent de porter le brassard de capitaine, d’autres affirmaient que le retour de son ancienne coéquipière, Gaëlle Enganamouit, posait problème. Loin de ces spéculations, sur son égo, l’attaquante de 33 ans a décidé d’éclairer la lanterne des Camerounais.
Comme toutes les joueuses convoquées, Nchout avait débuté le stage sous la houlette du staff technique nouvellement nommé de Valentine Nguele. Mais deux jours plus tard, le dimanche 21 juin 2026, elle a quitté le regroupement en compagnie de sa coéquipière Falone Meffometou. Face au mutisme observé depuis cet épisode, Ajara a choisi de s’exprimer pour fixer l’opinion publique.
Dans un long message publié sur ses réseaux sociaux, elle s’est voulue on ne peut plus claire. Et si certains interprètent ce départ comme une retraite internationale anticipée, rien dans ses propos ne laisse transparaître une telle décision. Absente de la liste finale des 26 joueuses qui s’envolent pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) féminine Maroc 2026, Nchout Ajara a bel et soit dit sa part de vérité.
« Ma priorité, c’est le Cameroun, pas le capitanat.
Depuis plusieurs jours, beaucoup de choses sont dites, écrites et interprétées à propos de mon départ du rassemblement des Lionnes Indomptables.
Par respect pour le peuple camerounais qui m’a tant donné, je ressens aujourd’hui le devoir de prendre la parole.
Je tiens d’abord à dire une chose très simple : mon départ n’a jamais été une question de capitanat. Jusqu’à ce rassemblement, nous savons tous qui était capitaine, moi, je ne saurai quitter de vice-capitaine pour réclamer le capitanat.
Le brassard n’a jamais été une obsession pour moi, encore moins une condition pour servir mon pays. L’unique honneur que j’ai, c’est porter le maillot des Lionnes Indomptables.
Les Lionnes Indomptables m’ont tout donné. Elles m’ont permis de grandir comme joueuse, comme femme et comme être humain. Elles ont changé ma vie. Je n’oublierai jamais d’où je viens.
Comme beaucoup de jeunes Africains, je suis partie de très loin. Je me souviens encore de ces périodes où je vendais des beignets pour gagner quelques commissions. Avec ces modestes revenus, j’achetais mes tenues d’entraînement et mes chaussures de football afin de continuer à vivre mon rêve.
À cette époque, je n’avais ni privilège, ni raccourci. J’avais seulement une passion immense pour le football et une détermination à toute épreuve.
Si je partage ce souvenir aujourd’hui, ce n’est pas pour susciter la compassion, mais pour dire à chaque jeune Africain que les rêves sont permis. Mon histoire est la preuve qu’avec du travail, de la discipline et de la persévérance, il est possible d’aller au-delà de ce que l’on imaginait.
Depuis dix-huit ans en sélections inférieures et chez les seniors, j’ai eu le privilège de représenter le Cameroun. Durant toutes ces années, je me suis toujours efforcée d’être une joueuse respectueuse de mes entraîneurs, des membres du staff technique et médical, de l’administration, de mes coéquipières, de mes adversaires et de toutes les personnes qui ont accompagné mon parcours.
Je ne prétends pas être parfaite, mais j’ai toujours essayé d’être fidèle aux valeurs que mes parents m’ont transmises : le respect, la discipline, l’humilité, le travail et l’amour du Cameroun.
C’est précisément parce que ces valeurs sont essentielles à mes yeux que j’ai pris la décision de quitter ce rassemblement.
Je ne citerai aucun nom. Je ne souhaite accuser personne ni alimenter des polémiques qui détourneraient l’attention de l’essentiel : les Lionnes Indomptables et la CAN qui approche.
Je dirai simplement que j’ai vécu des situations que je n’ai pas jugées compatibles avec les valeurs qui ont guidé toute ma carrière.
J’ai donc choisi de me retirer, non par colère, mais par responsabilité.
Je ne voulais pas que ma présence devienne une source de distraction ou de division dans un groupe qui doit rester uni autour d’un seul objectif : défendre les couleurs du Cameroun.
Je tiens également à préciser que, si la Coupe d’Afrique des Nations féminine s’était tenue en mars ou en avril 2026, je n’y aurais pas participé, n’ayant pas été invitée à rejoindre le groupe à cette période.
Cette précision est importante pour éviter que ma décision actuelle soit interprétée comme une revendication liée à un statut ou à une fonction.
À celles avec qui j’ai partagé tant de combats, je souhaite une excellente préparation et une très belle CAN.
Je serai leur première supportrice.
Je vibrerai pour chaque but, chaque victoire et chaque moment de fierté qu’elles offriront à notre nation.
Enfin, je veux remercier du fond du cœur le peuple camerounais.
Vous m’avez portée dans les moments de joie comme dans les périodes plus difficiles.
Votre affection, vos encouragements et vos prières ont été une force immense tout au long de ma carrière.
Aucun événement ne pourra effacer tout l’amour que je porte à mon pays.
Je resterai toujours un enfant du Cameroun. Je resterai toujours une Lionne Indomptable.
Et tant que mon cœur battra, ma priorité restera le Cameroun, jamais le capitanat.
Avec tout mon amour et toute ma gratitude.
Je vous aime aussi. ».
La phase finale de la CAN aura lieu du 25 juillet au 16 Août 2026. Pour l’heure, les 26 Lionnes indomptables convoquées sont focalisées dans le travail pour que le Cameroun brille de mille feux, lors de cette compétition qui va se dérouler au Maroc.
Frida Nolla

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.











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