La lutte contre l’insalubrité dans la capitale camerounaise franchit une nouvelle étape. Réunis le 28 août 2026 au ministère de l’Administration territoriale (MINAT), plusieurs membres du gouvernement, des responsables administratifs, des élus locaux ainsi que les opérateurs en charge de la collecte des déchets ont planché sur les solutions à mettre en œuvre pour résorber durablement l’accumulation des ordures dans plusieurs quartiers de Yaoundé.
Cette concertation de haut niveau, présidée par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, s’inscrit dans le cadre des orientations du chef de l’État visant à améliorer le cadre de vie des populations et à redonner à la capitale son image de ville propre et attractive. Autour de la table figuraient notamment la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam, des représentants du ministère des Finances, le gouverneur de la région du Centre, les autorités administratives du département du Mfoundi, les maires d’arrondissement ainsi que les dirigeants des sociétés HYSACAM et THICLOP.
Les échanges ont permis d’établir un diagnostic approfondi de la situation actuelle. Les participants ont passé en revue les mécanismes de collecte des déchets ménagers, les performances des entreprises chargées de cette mission, mais également les contraintes financières et logistiques qui freinent l’efficacité du système. Si certaines zones de la ville présentent encore un niveau de propreté satisfaisant, de nombreux secteurs continuent d’être confrontés à une accumulation importante d’ordures, avec des conséquences visibles sur l’environnement urbain, la circulation et la santé publique.
Pour les pouvoirs publics, la gestion des déchets ne peut plus être considérée comme la responsabilité exclusive des entreprises de collecte. Le gouvernement entend renforcer l’implication des collectivités territoriales décentralisées, appelées à jouer un rôle plus actif dans le suivi des opérations de nettoyage. Les mairies d’arrondissement ont ainsi été invitées à faire de la salubrité une priorité quotidienne et non une action ponctuelle liée à l’organisation d’événements ou à la visite de personnalités.
À l’issue des discussions, plusieurs mesures ont été arrêtées afin d’accélérer l’assainissement de la ville. Les sous-préfets devront désormais effectuer, au moins deux fois par semaine, des descentes de terrain conjointes avec les maires pour évaluer la situation dans leurs circonscriptions respectives et veiller à l’enlèvement régulier des déchets. Cette approche vise à renforcer le contrôle de proximité et à permettre une réaction plus rapide face aux foyers d’insalubrité.
La réunion a également débouché sur une réflexion concernant l’amélioration de la gouvernance du secteur. Parmi les pistes envisagées figure la création de structures spécialisées dans la gestion des déchets ménagers, capables d’assurer une meilleure coordination entre les différents acteurs et de garantir une plus grande efficacité des interventions.
Pour mesurer l’ampleur du phénomène et identifier des solutions concrètes, les responsables gouvernementaux ont effectué une visite sur plusieurs sites critiques, notamment aux quartiers Carrefour Total Melen et Nsimeyong-Victor Hugo. Sur place, les autorités ont constaté la présence de monticules d’ordures occupant une partie de la chaussée et perturbant la circulation des usagers.
Face à cette situation, Paul Atanga Nji a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. Tout en reconnaissant les difficultés auxquelles sont confrontés les différents intervenants, le membre du gouvernement a estimé que les contraintes budgétaires ne sauraient justifier l’inaction. Pour lui, la capitale politique du Cameroun doit offrir un environnement à la hauteur de son statut institutionnel.
Au-delà de l’urgence actuelle, les autorités ambitionnent de mettre en place une stratégie plus durable de gestion des déchets, fondée sur une meilleure coordination des acteurs, un suivi renforcé des opérations de collecte et une implication accrue des collectivités locales. L’objectif affiché est clair : faire de Yaoundé une ville plus propre, plus saine et plus accueillante pour ses habitants comme pour ses visiteurs.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.















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